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Trouvez votre taxi : le rituel qui facilite le passage à l’action

rédigée par :

Passage à l’action

Ligne de Mire · Édition n°070 · 4 septembre 2026

La série de l’été · Épisode 5/5

Passer à l’action sans motivation

Le taxi de 5 h 30

Vous savez ce que vous voulez faire. Pourtant, certains jours, il vous faut vous remotiver avant même de commencer.

Cette édition part d’un geste étonnamment banal — monter dans un taxi — pour comprendre comment rendre le passage à l’action moins dépendant de la motivation du jour.

Lire l’édition

Bonjour,

Septembre a commencé.

Les agendas se remplissent de nouveau, les horaires reviennent, les demandes aussi. C'est probablement maintenant que commence le vrai test de cette série d’été.

Nous étions partis d’une question :

Qu'est-ce que j’ai besoin de remettre au centre de ma vie pour ressentir plus de joie, plus de légèreté, et me sentir plus aligné ?

Puis nous avons regardé ce qui nous en éloigne parfois : nos « je dois », nos priorités trop nombreuses, cette tendance à courir plusieurs lièvres en même temps.

Et, dans la dernière lettre, nous avons commencé à regarder la volonté autrement. Non pas comme l’art de serrer les dents, mais comme notre capacité à rester fidèle à ce que nous avons choisi lorsque la vie recommence à tirer dans tous les sens.

Et justement…

Il est 5 h 30 à New York

La ville dort encore. Les trottoirs sont presque vides. Une femme sort de son immeuble, un sac de sport sur l’épaule.

C’est Twyla Tharp, l’une des grandes chorégraphes américaines. Tous les matins, elle se rend dans une salle de sport de Manhattan pour deux heures d’entraînement. À 5 h 30.

Vu de l’extérieur, on imagine facilement une discipline de fer : une femme capable de se lever avant l’aube et de se contraindre, jour après jour, à recommencer.

Mais, lorsqu’elle raconte elle-même sa routine, Twyla Tharp ne désigne ni la musculation, ni les étirements, ni même les deux heures d’entraînement comme son rituel.

« Le rituel, c’est le taxi. »

Elle se lève, enfile ses vêtements de sport, sort de chez elle, hèle un taxi et donne au chauffeur l’adresse de sa salle. À ce moment-là, explique-t-elle, son rituel est terminé.

Pourquoi accorder autant d’importance à un geste aussi banal ?

Parce qu’à force de le répéter de la même manière chaque matin, il devient facile à reproduire. Il diminue le risque qu’elle renonce ou commence à faire autre chose.

Surtout, il lui enlève une décision à prendre.

Elle n’a pas besoin, à 5 h 30, de recommencer toute la discussion : est-ce que j’y vais vraiment ? Est-ce que j’ai envie de m’entraîner aujourd’hui ? Est-ce que je ne pourrais pas rester au lit juste cette fois ?

Elle sort. Elle monte dans le taxi.

La décision est prise.

Commencer sans avoir à se convaincre

Cette histoire m’a fait repenser à cette affirmation : quand je suis motivé, rien ne m’arrête ; quand je ne le suis pas, un rien m’arrête.

Je me la suis longtemps répétée cette fichue phrase.

Elle partait d’un constat. J’en avais fait une vérité.

Et c’est là que je me trompais. À force de croire que ma capacité à avancer dépendait de ma motivation, je lui avais donné un droit de veto sur mes projets. Une mauvaise nuit, une contrariété, une journée trop pleine, une tâche un peu floue… et ce qui comptait redevenait négociable.

Twyla Tharp fait autrement. Elle ne cherche pas à fabriquer davantage de motivation chaque matin. Elle évite simplement d’avoir à reprendre toute la décision depuis le début.

La motivation ne vient pas nous chercher.

Un taxi, si.

La motivation ne vient pas nous chercher. Un taxi, si.

Chacun peut trouver son propre taxi

Pour le running — puisqu’il paraît que « footing » a pris un petit coup de vieux — le mien tient autour du poignet : c’est ma montre Polar.

Avant de la mettre, je peux encore négocier avec moi-même :

— Il y a du vent quand même…

— Je suis un peu fatigué.

— Et puis je pourrais très bien courir demain.

Bref, tant que la montre est posée sur la table, toutes les options restent ouvertes.

Il suffit que je la prenne et que je l’attache à mon poignet pour que quelque chose bascule.

Dans ma tête, tout devient clair : la décision est prise. Je vais courir.

Je ne me demande plus si j’en ai envie, si le temps est idéal ou si demain serait plus pratique.

À force de répéter ce geste, ma montre est devenue mon taxi. Elle donne le top départ.

À partir de ce moment, la question de la motivation ne se pose plus.

Le défi de la semaine : quel sera votre taxi de septembre ?

Pour terminer cette série, je ne vais donc pas vous proposer une nouvelle résolution.

Prenez plutôt quelque chose qui compte vraiment pour vous : un projet que vous reportez, une habitude que vous aimeriez retrouver, une décision que vous laissez traîner, quelque chose que le retour du quotidien risque une nouvelle fois de repousser à plus tard.

Puis posez-vous cette question :

quel pourrait être mon taxi ?

Quel est ce petit geste qui peut faire basculer de « je vais le faire » à « c’est parti » ?

Pour ma part, c’est attacher ma montre. Pour vous, ce sera peut-être enfiler vos chaussures, ouvrir le document, préparer votre carnet la veille, bloquer trente minutes dans votre agenda ou éloigner votre téléphone.

Pas besoin de révolutionner votre rentrée. Il s’agit simplement de trouver ce qui rend le passage à l’action plus facile, et la décision moins tentante à renégocier.

Trouvez votre taxi.

La série s’arrête ici. Le sujet, lui, continue.

Nous avions commencé cette série en nous demandant ce que nous avions besoin de remettre au centre de notre vie.

Au fil de ces lettres, nous avons regardé ce que notre vie révèle de nos vraies priorités, les « je dois » qui nous entraînent parfois ailleurs, notre tendance à courir plusieurs lièvres à la fois, et cette idée tenace selon laquelle avancer demanderait surtout de serrer les dents davantage.

Peut-être qu’en ce début septembre, la meilleure manière de rester fidèle à ce qui compte n’est pas de prendre une grande résolution.

Nous pouvons commencer plus facilement : en rendant certaines décisions plus simples, en négociant un peu moins avec nous-mêmes, en trouvant notre taxi.

C’est aussi l’esprit de la nouvelle édition de L’Art de la volonté.

Non pas apprendre à devenir plus dur avec soi-même, mais comprendre comment avancer sur ce qui compte sans dépendre entièrement de notre motivation du jour.

Jeudi prochain, le 10 septembre, le livre sera disponible.

Je vous en parlerai alors beaucoup plus directement : à qui je l’ai écrit, ce que j’ai profondément changé depuis la première édition, et notamment ce que j’espère qu’il pourra vous apporter.

Cette série d’été, elle, s’arrête ici.

Nous l’avions commencée avec une question :

qu’est-ce que j’ai besoin de remettre au centre de ma vie ?

Je vous propose de la terminer avec une autre :

quel sera votre taxi de septembre ?

À bientôt,

Christophe

PS : si une action compte vraiment pour vous cette semaine, ne cherchez pas encore à tout accomplir. Cherchez simplement ce qui vous fera franchir le seuil.

Pas l’entraînement. Le taxi.

À paraître

L’Art de la volonté

L’Art de la volonté

Vous en trouverez d’autres dans L’Art de la volonté : des tactiques et des systèmes concrets pour commencer, protéger ce qui compte et continuer même lorsque la motivation n’est pas au rendez-vous.

Parution le 10 septembre 2026.

Édition Kindle en précommande : 5,90 €.
Édition brochée : 14,90 € — disponible le 10 septembre.
Compagnon pratique de 34 pages offert.

Passage à l’action

Passer à l’action sans motivation

Bonjour,

Septembre a commencé.

Les agendas se remplissent de nouveau, les horaires reviennent, les demandes aussi. C'est probablement maintenant que commence le vrai test de cette série d’été.

Nous étions partis d’une question :

Qu'est-ce que j’ai besoin de remettre au centre de ma vie pour ressentir plus de joie, plus de légèreté, et me sentir plus aligné ?

Puis nous avons regardé ce qui nous en éloigne parfois : nos « je dois », nos priorités trop nombreuses, cette tendance à courir plusieurs lièvres en même temps.

Et, dans la dernière lettre, nous avons commencé à regarder la volonté autrement. Non pas comme l’art de serrer les dents, mais comme notre capacité à rester fidèle à ce que nous avons choisi lorsque la vie recommence à tirer dans tous les sens.

Et justement…

Il est 5 h 30 à New York

La ville dort encore. Les trottoirs sont presque vides. Une femme sort de son immeuble, un sac de sport sur l’épaule.

C’est Twyla Tharp, l’une des grandes chorégraphes américaines. Tous les matins, elle se rend dans une salle de sport de Manhattan pour deux heures d’entraînement. À 5 h 30.

Vu de l’extérieur, on imagine facilement une discipline de fer : une femme capable de se lever avant l’aube et de se contraindre, jour après jour, à recommencer.

Mais, lorsqu’elle raconte elle-même sa routine, Twyla Tharp ne désigne ni la musculation, ni les étirements, ni même les deux heures d’entraînement comme son rituel.

« Le rituel, c’est le taxi. »

Elle se lève, enfile ses vêtements de sport, sort de chez elle, hèle un taxi et donne au chauffeur l’adresse de sa salle. À ce moment-là, explique-t-elle, son rituel est terminé.

Pourquoi accorder autant d’importance à un geste aussi banal ?

Parce qu’à force de le répéter de la même manière chaque matin, il devient facile à reproduire. Il diminue le risque qu’elle renonce ou commence à faire autre chose.

Surtout, il lui enlève une décision à prendre.

Elle n’a pas besoin, à 5 h 30, de recommencer toute la discussion : est-ce que j’y vais vraiment ? Est-ce que j’ai envie de m’entraîner aujourd’hui ? Est-ce que je ne pourrais pas rester au lit juste cette fois ?

Elle sort. Elle monte dans le taxi.

La décision est prise.

Commencer sans avoir à se convaincre

Cette histoire m’a fait repenser à cette affirmation: quand je suis motivé, rien ne m’arrête ; quand je ne le suis pas, un rien m’arrête.

Je me la suis longtemps répétée cette fichue phrase.

Elle partait d’un constat. J’en avais fait une vérité.

Et c’est là que je me trompais.À force de croire que ma capacité à avancer dépendait de ma motivation, je lui avais donné un droit de veto sur mes projets. Une mauvaise nuit, une contrariété, une journée trop pleine, une tâche un peu floue… et ce qui comptait redevenait négociable.

Twyla Tharp fait autrement. Elle ne cherche pas à fabriquer davantage de motivation chaque matin. Elle évite simplement d’avoir à reprendre toute la décision depuis le début.

La motivation ne vient pas nous chercher.

Un taxi, si.

La motivation ne vient pas nous chercher. Un taxi, si.

Chacun peut trouver son propre taxi

Pour le running — puisqu’il paraît que « footing » a pris un petit coup de vieux — le mien tient autour du poignet : c’est ma montre Polar.

Avant de la mettre, je peux encore négocier avec moi-même :

— Il y a du vent quand même…

— Je suis un peu fatigué.

— Et puis je pourrais très bien courir demain.

Bref, tant que la montre est posée sur la table, toutes les options restent ouvertes.

Il suffit que je la prenne et que je l’attache à mon poignet pour que quelque chose bascule.

Dans ma tête, tout devient clair : la décision est prise. Je vais courir.

Je ne me demande plus si j’en ai envie, si le temps est idéal ou si demain serait plus pratique.

À force de répéter ce geste, ma montre est devenue mon taxi. Elle donne le top départ.

À partir de ce moment, la question de la motivation ne se pose plus.

Le défi de la semaine : quel sera votre taxi de septembre ?

Pour terminer cette série, je ne vais donc pas vous proposer une nouvelle résolution.

Prenez plutôt quelque chose qui compte vraiment pour vous : un projet que vous reportez, une habitude que vous aimeriez retrouver, une décision que vous laissez traîner, quelque chose que le retour du quotidien risque une nouvelle fois de repousser à plus tard.

Puis posez-vous cette question :

quel pourrait être mon taxi ?

Quel est ce petit geste qui peut faire basculer de « je vais le faire » à « c’est parti » ?

Pour ma part, c’est attacher ma montre. Pour vous, ce sera peut-être enfiler vos chaussures, ouvrir le document, préparer votre carnet la veille, bloquer trente minutes dans votre agenda ou éloigner votre téléphone.

Pas besoin de révolutionner votre rentrée. Il s’agit simplement de trouver ce qui rend le passage à l’action plus facile, et la décision moins tentante à renégocier.

Trouvez votre taxi.

La série s’arrête ici. Le sujet, lui, continue.

Nous avions commencé cette série en nous demandant ce que nous avions besoin de remettre au centre de notre vie.

Au fil de ces lettres, nous avons regardé ce que notre vie révèle de nos vraies priorités, les « je dois » qui nous entraînent parfois ailleurs, notre tendance à courir plusieurs lièvres à la fois, et cette idée tenace selon laquelle avancer demanderait surtout de serrer les dents davantage.

Peut-être qu’en ce début septembre, la meilleure manière de rester fidèle à ce qui compte n’est pas de prendre une grande résolution.

Nous pouvons commencer plus facilement : en rendant certaines décisions plus simples, en négociant un peu moins avec nous-mêmes, en trouvant notre taxi.

C’est aussi l’esprit de la nouvelle édition de L’Art de la volonté.

Non pas apprendre à devenir plus dur avec soi-même, mais comprendre comment avancer sur ce qui compte sans dépendre entièrement de notre motivation du jour.

Jeudi prochain, le 10 septembre, le livre sera disponible.

Je vous en parlerai alors beaucoup plus directement : à qui je l’ai écrit, ce que j’ai profondément changé depuis la première édition, et notamment ce que j’espère qu’il pourra vous apporter.

Cette série d’été, elle, s’arrête ici.

Nous l’avions commencée avec une question :

qu’est-ce que j’ai besoin de remettre au centre de ma vie ?

Je vous propose de la terminer avec une autre :

quel sera votre taxi de septembre ?

À bientôt,

Christophe

PS : si une action compte vraiment pour vous cette semaine, ne cherchez pas encore à tout accomplir. Cherchez simplement ce qui vous fera franchir le seuil.

Pas l’entraînement. Le taxi.

L’Art de la volonté

À paraître

L’Art de la volonté

Vous en trouverez d’autres dans L’Art de la volonté : des tactiques et des systèmes concrets pour commencer, protéger ce qui compte et continuer même lorsque la motivation n’est pas au rendez-vous.

Parution le 10 septembre 2026.

Édition Kindle en précommande : 5,90 €.
Édition brochée : 14,90 € — disponible le 10 septembre.
Compagnon pratique de 34 pages offert.

Cette réflexion a été partagée en exclusivité avec les abonnés de Ligne de Mire le : 4 septembre 2026

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