Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes résolutions chaque année ?
À chaque début d’année la même question revient.
Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes résolutions ?
La motivation est là.
Les intentions sont sincères.
Et pourtant, quelques semaines plus tard, l’élan retombe.
On accuse souvent un manque de volonté ou de discipline.
Mais le problème est rarement là.
Si vous n’arrivez pas à tenir vos résolutions, ce n’est probablement pas parce que vous manquez de motivation.
C’est parce que vous essayez d’ajouter quelque chose à une vie déjà saturée.
Pas une résolution de plus. Pas un plan de plus. Juste un moment pour comprendre ce qui a compté, ce qui a pesé… et ce qu’il est temps de laisser derrière soi.
Si vous vous reconnaissez dans ces situations, vous n’êtes pas seul :
- Vos bonnes résolutions tiennent quelques jours, puis tout retombe
- Vous savez quoi faire, mais quelque chose vous freine au moment d’agir
- Vous vous demandez si vous manquez de volonté ou de discipline
- Vous visez haut, avec de bonnes intentions, puis la fatigue reprend le dessus
- Une partie de vous hésite à renoncer à ce qui est familier, même si cela ne vous convient plus
Le problème n’est pas un manque de motivation ou de volonté, mais l’accumulation d’objectifs, de contraintes et de décisions qui finit par épuiser votre énergie.
Nous restons bloqués en pilotage automatique, prisonniers de nos habitudes,en nous fixant des objectifs trop difficiles qui viennent s’empiler sur une structure déjà fragile.
Résultat : résistance, procrastination, puis culpabilité dès la première perte de motivation
Et le cycle recommence, année après année.
Pourtant, un changement durable est possible. Pour réussir son passage à l’action, il ne s'agit pas de s'imposer une énième routine matinale rigide sous la pression sociale, mais de retrouver une clarté d’intention. Pour sortir de l'autodiscipline forcée et briser vos habitudes toxiques, il est temps d'explorer une approche différente : celle du retrait.
Le piège de l’accumulation : pourquoi les résolutions échouent
Nous vivons dans une époque de relative abondance.
Abondance de choix, d’informations, d’opportunités.
Nos difficultés ne viennent pas d’un manque d’accès, mais d’un excès permanent.
Nos difficultés ne viennent pas d’un manque de temps, mais d’un excès permanent.
Derrière chaque résolution se cache souvent la même hypothèse implicite :
Alors on ajoute.
Un objectif de plus.
Une nouvelle routine.
Une méthode supplémentaire.
En janvier, on crée un semblant d’ordre.
Puis, progressivement, le chaos reprend sa place.
Ce qui semblait essentiel devient flou, et l’incapacité à changer durablement refait surface.
Ce qui semblait essentiel devient flou, et l'incapacité à changer durablement ses habitudes refait surface.
À ce stade, le problème n’est plus tant ce que vous devriez faire, mais tout ce qui s’est ajouté sans jamais être questionné.
Ce schéma résume pourquoi, malgré la bonne volonté, l’effort finit par s’épuiser.
À ce stade, vous n’avez peut-être pas besoin d’une nouvelle méthode. Vous avez surtout besoin de voir ce qui s’est empilé, sans bruit, et ce qui vous coûte aujourd’hui plus d’énergie que cela ne vous en apporte.
Penser en termes de retrait, pas de gain
Un changement durable repose rarement sur l’effort seul.
Il repose encore moins sur la volonté mobilisée en continu.
Dans le livre "L’art de la volonté" , je montre que la volonté est une ressource précieuse.
Elle a permis à l’humanité de bâtir, de traverser des crises, de tenir dans l’adversité.
Mais c’est aussi une ressource limitée, fluctuante, sensible à la fatigue, au stress et à la surcharge.
Autrement dit : Compter uniquement sur la volonté pour changer durablement, c’est un peu comme vouloir avancer avec un pneu crevé. Bon courage !
C’est pourquoi, plutôt que de forcer de nouveaux comportements,
il est souvent plus efficace d’éliminer ce qui vous freine déjà. Quelques exemples pour mieux comprendre l’enjeu.
- Santé et énergie
- Relations et sens
- Finances et carrière
Au lieu de penser d’abord à l’effort du sport ou à la discipline à tenir,
identifiez une habitude automatique que vous êtes prêt à abandonner. Par exemple le grignotage du soir…
Au lieu de chercher à “attirer” la bonne personne,
retirez-vous des environnements qui vous épuisent ou vous éloignent de vous-même. Autrement dit, faire le ménage dans vos relations…
Avant de chercher à gagner plus ou à faire davantage,
regardez ce que vous pouvez cesser de dépenser, d’accepter ou de tolérer.
Dans la plupart des cas, le problème n’est pas l’absence d’une solution.
C’est la présence persistante de ce qui n’a plus lieu d’être —
et qui consomme votre énergie sans que vous en ayez pleinement conscience.
Le rituel des 5 minutes pour tenir ses résolutions
Pour sortir de la pression sociale du toujours plus, je vous propose un rituel simple.
Chaque fin de semaine, prenez 5 minutes.
Pas pour planifier.
Pas pour optimiser.
Mais pour identifier une seule chose à retirer.
Ce changement de perspective a deux avantages majeurs pour éviter la procrastination et la démotivation :
- Moindre résistance : Il est plus facile de ne pas faire (retrait) que de s'obliger à faire (ajout).
- Clarté immédiate : En posant des limites et en refusant certaines sollicitations, vous cessez de subir votre surcharge mentale.
La perte de motivation et la procrastination surviennent généralement quand l'effort devient trop lourd. En retirant l'obstacle grâce à ces 5 minutes de réflexion, le chemin se parcourt avec beaucoup moins de fatigue.
Ce que ce changement de perspective implique
Approcher sa vie par le retrait demande du courage. Il vous faudra briser la pression sociale qui nous incite à "faire toujours plus".
Savoir dire non.
Refuser certaines sollicitations (Je connais des personnes avec des WE bien remplis qui s’étonnent d’être fatiguées…)
Refuser certaines sollicitations (Je connais des personnes avec des WE bien remplis qui s’étonnent de manquer de temps…)
Assumer des choix qui ne feront pas toujours plaisir.
Ce n’est pas un rejet.
C’est une clarification.
Vous déraperez parfois.
Vous transigerez avec vos propres règles.
C’est normal.
Mais changer en retirant demande moins d’autodiscipline forcée que changer en ajoutant.
Et c’est précisément pour cela que cela fonctionne mieux.
Quand l'effort devient trop lourd, la motivation faiblit. En retirant l'obstacle, le chemin se parcourt avec beaucoup moins de friction.
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes que l’on se pose lorsqu’on n’arrive pas à tenir ses résolutions — malgré la motivation.
Question Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes résolutions ?
Vous n’arrivez pas à tenir vos résolutions parce qu’elles reposent souvent sur l’ajout d’efforts dans une vie déjà saturée. Le problème n’est pas un manque de motivation, mais l’accumulation d’objectifs, de contraintes et de décisions qui finit par épuiser votre énergie.
Question Est-ce un manque de volonté si j’abandonne mes résolutions ?
Non. La volonté est une ressource précieuse mais limitée, sensible à la fatigue et au stress. Compter uniquement sur la discipline conduit souvent à l’épuisement. Les changements durables reposent davantage sur l’environnement et les habitudes que sur l’effort mental constant.
Question Pourquoi la motivation disparaît-elle si vite après janvier ?
La motivation baisse lorsque l’effort demandé devient trop lourd. L’élan du début d’année masque temporairement la surcharge existante, mais les habitudes automatiques et la fatigue décisionnelle reprennent rapidement le dessus.
Question Faut-il ajouter des habitudes ou en supprimer pour réussir ses résolutions ?
Il est souvent plus efficace de supprimer une habitude nuisible que d’en ajouter une nouvelle. Retirer ce qui consomme inutilement de l’énergie réduit la résistance au changement et facilite l’action durable.
Question Comment tenir ses résolutions sans se forcer ?
En réduisant les frictions plutôt qu’en augmentant l’effort : identifier une source de surcharge à éliminer, simplifier son environnement et limiter les décisions inutiles permet d’avancer même lorsque la motivation baisse.
Question Que dit la science sur l’échec des résolutions ?
La recherche montre que la volonté s’épuise au fil de la journée, que 40 à 50 % de nos comportements sont automatiques et que trop de choix réduit la persévérance. Les plans concrets fonctionnent mieux que les intentions vagues.
Ces réponses ne remplacent pas l’action, mais elles permettent souvent d’enlever ce qui bloque — avant d’essayer d’en faire plus.
Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes résolutions : ce que dit la science
La volonté est une ressource limitée
La motivation ne suffit pas sur le long terme : notre capacité à faire des efforts conscients s’épuise au fil de la journée. Ce phénomène, appelé ego depletion, a été largement étudié en psychologie.
🔗 Baumeister et al. (1998, 2024), ScienceDirect — Lire la publication
Nos comportements sont largement automatisés
Environ 40 à 50 % de nos actions quotidiennes sont dictées par des habitudes inconscientes. Pour changer durablement, il faut agir sur les déclencheurs et l’environnement, pas uniquement sur l’intention.
🔗 Wendy Wood (2007), Igensia Éducation — Lire l’article
Trop de choix fatigue notre capacité de décision
L’accumulation d’objectifs et de décisions génère ce qu’on appelle la fatigue décisionnelle, réduisant notre clarté mentale et notre persistance dans l’action.
🔗 Vohs & Baumeister, The Decision Lab — Lire l’analyse
Les résolutions échouent souvent faute de plan concret
Les intentions vagues (« je vais faire plus de sport ») échouent plus souvent que les plans précis du type "si x alors y" (ex : « si je rentre du travail, je fais 10 minutes de marche »). Cette méthode d’implémentation d’intention augmente fortement les chances de succès.
🔗 Gollwitzer (1999), Wikipedia — Voir la méthode
Supprimer l’obstacle est parfois plus efficace que forcer l’action
Des approches indirectes (comme retirer ce qui nous freine) peuvent fonctionner mieux que la discipline pure. Ce principe, proche du concept de Via Negativa, est soutenu par des travaux récents en sciences du comportement.
🔗 Willpower Paradox, Wikipedia — Lire l’entrée
Conclusion : enlever pour voir plus clair
Nous cherchons souvent la clarté dans l’action frénétique et dans l’accumulation de stratégies. Mais la véritable transformation naît ailleurs : dans le silence de l’espace retrouvé et dans la légèreté de ce que l’on cesse enfin de porter.
Vous n’avez peut-être pas besoin d’un nouveau plan, ni d’un objectif de plus. Peut-être avez-vous simplement besoin d'élaguer ce qui vous encombre.
En ce début d'année, l'invitation est simple : prenez ces cinq minutes, non pas pour décider quoi faire de plus, mais pour choisir ce que vous êtes prêt à laisser derrière vous. En créant ce vide fertile, vous trouverez enfin la réponse à la difficulté à maintenir vos objectifs sur le long terme et vous ne vous demanderez plus : « Pourquoi je n’arrive pas à tenir mes résolutions ? »
Pas une résolution de plus. Pas un plan de plus. Juste un moment pour comprendre ce qui a compté, ce qui a pesé… et ce qu’il est temps de laisser derrière soi.
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