Inertie
Avez-vous abandonné sans même vous en rendre compte ?
🌿 ÉDITION SPÉCIALE – REPRENDRE LA BARRE #2
Bonjour à tous,
J'espère que vous allez bien.
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Dans la newsletter précédente, je vous racontais l’histoire de l’impuissance apprise : ces chiens qui, à force de subir, ne cherchent même plus à franchir une barrière... même quand la sortie est à portée.
Aujourd’hui, j’aimerais poursuivre cette exploration. Il existe une autre forme d’impuissance — plus insidieuse, plus invisible, mais tout aussi dangereuse.
Celle qui nous fait lâcher le gouvernail sans même nous en rendre compte. Et quand on lâche la barre... on dérive.
Deux formes d’impuissance (un rappel utile)
Dans cette série « Reprendre la barre », nous explorons deux visages de l'impuissance :
L’impuissance subie : comme dans l’expérience de Seligman, face aux échecs répétés, on finit par se dire : « à quoi bon essayer ? »
Nous l’avons vue ensemble dans la précédente édition.
L’impuissance consentie : celle qui s’installe quand on s’habitue à ne plus agir, à laisser filer. Même quand une porte s’ouvre, l’élan n’y est plus.
C’est cette seconde forme que nous allons explorer aujourd’hui — à travers deux exemples : une scène vécue, et un fait historique.
Une scène qui m'a marqué
Il y a quelque temps, je retrouve une amie. En terrasse, un café. Le soleil d’automne filtre à travers les feuilles. Elle s’assoit en face de moi avec un demi-sourire fatigué.
Je remarque tout de suite sa posture : épaules voûtées, cou très en avant, comme si sa tête tentait de fuir le monde. Elle est légèrement décentrée sur sa chaise, comme si son corps cherchait à disparaître. Ses mains serrent la tasse, pas pour se réchauffer — pour s’ancrer. Ses phrases sont courtes. Sa voix, basse. Le regard évite le mien.
En l’écoutant, un détail me frappe : elle ne dit jamais « je vais faire… », mais toujours « on verra… », « ça dépendra… », « c’est comme ça… ».
Il n’y a pas eu un abandon spectaculaire. Juste une série de micro-renoncements, un glissement lent. Elle avait laissé la barre filer… un millimètre après l’autre.
C’est ça, l’impuissance consentie : elle ne vous arrête pas, elle vous endort.
Elle vous replie. Elle vous fait porter votre fatigue dans le corps.
Jusqu’à ne plus sentir que l’inertie.
Jamestown : le piège de la survie passive
1607. Une centaine de colons anglais, épuisés mais pleins d'espoir, fondent Jamestown en Virginie.
Mais très vite, la réalité s’impose : climat hostile, récoltes maigres, maladie, isolement. L’hiver s’installe. Le courage faiblit.
Et un basculement se produit. Pas dans le bruit, mais dans le silence.
Ils cessent de croire que leurs efforts comptent encore. Ils arrêtent d’agir. Ils survivent.
Le vrai danger n’est pas venu de l’extérieur. Il est né à l’intérieur : la conviction que leur sort ne dépendait plus d’eux.
Jamestown, c’est parfois nous.
Mais voilà ce qu’on oublie souvent : Jamestown a tenu bon.
Les colons ont traversé l’hiver. Ils ont reconstruit, réorganisé, redonné un sens à leurs efforts. Et cette colonie survivante est aujourd’hui considérée comme la plus ancienne implantation anglaise permanente en Amérique.
La citation de Viktor Frankl
Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace réside notre pouvoir de choisir.
Reprendre la barre, même minuscule
La vérité, c’est qu’il reste toujours une barre à reprendre. Un geste, un choix, un souffle.
Et l’automne, ce moment où tout ralentit, n’est-il pas le bon moment pour semer différemment ?
Vous n’êtes pas obligé de laisser filer l’année en spectateur.
Et si, dans 15 jours, vous aviez un plan simple pour vos 90 derniers jours de l'année ?
Rendez-vous le 3 octobre. Vous ne recevrez pas une baguette magique. Vous recevrez un compagnon de route.
Le défi de la semaine : la question de l'inertie invisible
Repérez un domaine — même minuscule — où vous sentez que la barre a glissé. Et reprenez-la par un geste concret.
ranger un dossier laissé en plan,
rappeler une personne,
dire un vrai « oui » ou un vrai « non ».
Pas besoin d’être grandiose. Ce qui compte :
sentir à nouveau la main sur le gouvernail.
Le 3 octobre, on reprend la barre. Ensemble.
Christophe · sur le bon chemin
Chaque rêve mérite un plan ✨