Justesse
La Face Nord — la voix du “il faut tenir”, la voie la plus raide
Apprendre à ne plus forcer — et à ralentir avec le cycle des saisons
Bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien en cette période automnale, souvent synonyme de grisaille, de lumière plus douce et de journées qui raccourcissent. Il y a des moments où l’on ne sait plus très bien s’il faut avancer, ralentir, ou simplement observer ce qui est.
Pourtant, l’automne — et bientôt l’hiver — nous rappelle que même la nature a besoin de pauses pour rester vivante… et revenir en force au printemps.
Et c’est souvent à ces périodes-là que le décalage se fait le plus sentir : la nature, notre corps commencent à ralentir, tandis que notre mental, lui, garde le pied sur l’accélérateur.
Comme si la tête refusait d’écouter la saison du yin chinois, celle du ralentissement naturel des choses.
Si vous appréciez cette édition, n’hésitez pas à la transférer à quelqu’un qui, en ce moment, aurait besoin de respirer un peu. 🌿
Quand le corps ralentit, mais que l’esprit veut encore courir
Quand la lumière change, les journées raccourcissent, les températures baissent rapidement, notre corps nous appelle au repos : le silence, la chaleur d’un intérieur, le besoin de faire moins.
Et pourtant… le mental continue sa course. Il dresse des listes, fixe des objectifs, s’accroche à ce qu’il reste à faire.
Comme si ralentir, c’était perdre du terrain.
Comme si ralentir, c'était se laisser aller, et que le repos devait être mérité.
Tout le monde (enfin presque tout le monde) sait accélérer, tenir bon, serrer les dents. Mais peu d'entre-nous savent ralentir quand c’est nécessaire.
Et si, cette fois, le courage — la clairvoyance — consistait à s’arrêter un instant ? À écouter le corps avant le mental ?
Sans respiration, la ténacité se transforme en résistance.
La Face Nord : quand la voix du “faut tenir” nous pousse sur la voie la plus raide
Face à la difficulté, notre réflexe est souvent immédiat : se raidir, serrer les dents, avancer malgré tout. On se dit qu’il faut rester fort. Qu’il ne faut pas flancher. Qu’on a déjà surmonté pire.
Cette voix du devoir est tenace. Elle se glisse dans nos pensées les plus anodines, nous souffle des phrases toutes faites :
“Allez, courage.”
“Ne lâche pas maintenant.”
“Tu n’as pas le droit de faiblir, serre les dents !.”
Et, sans nous en rendre compte, nous voilà sur la Face Nord — le versant du contrôle, de la résistance, de l’orgueil discret. C’est la voie la plus raide — celle où chaque pas coûte plus cher.
On grimpe à contre-vent, persuadé que la fatigue est la preuve du mérite. Mais plus on monte, plus le souffle se raccourcit.
La petite voix du “je dois” devient bientôt un écho étouffé, une tension permanente entre ce que l’on sent et ce qu’on croit devoir faire.
Et parfois, à bout de souffle, on se rend compte qu’on ne grimpe plus vers un sommet, mais contre soi-même.
Quitter la Face Nord
Sur la crête, il y a toujours un moment de silence. Celui où l’on voit les deux versants : celui de la fierté, et celui de la paix.
Quitter la Face Nord, ce n’est pas abandonner. C’est changer d’orientation. C’est oser tourner le dos à la pente raide pour chercher une lumière plus basse, plus chaude.
C’est admettre que l’endurance n’est pas toujours le courage le plus sage.
Il existe un autre versant — celui où l’on marche plus lentement, sans se juger. Où l’on écoute le corps avant la voix du devoir.
Ralentir n’est pas faiblir : c’est accepter le rythme réel du moment.
Ralentir, c’est se donner la permission de souffler avant que le monde ne nous l’arrache.
Parfois, il suffit de s’arrêter quelques instants, de regarder le chemin parcouru, et de laisser le silence remettre les choses à leur place.
Le défi de la semaine — la question de la justesse
Combien de fois vous êtes-vous surpris à penser :
“Allez, tiens encore un peu.”
“Je ne peux pas m’arrêter maintenant.”
“Je dois assurer.”
“Ce n’est pas le moment de flancher.”
Ces phrases paraissent anodines.
Elles ont même quelque chose de noble : persévérance, fiabilité, courage.
Elles sont aussi parfois nécessaires.
Mais à force de se les répéter, elles deviennent des murs intérieurs.
Elles serrent le pas, coupent le souffle,
et peu à peu, elles étouffent la justesse du moment présent.
Où est-ce que je sens que c’est juste de ralentir ?
Il ne s’agit pas de tout stopper, mais de remarquer quand la force devient dureté, et quand la volonté cesse d’écouter.
Souvent, il suffit d’un instant d’arrêt pour que le brouillard se transforme en clarté.
La citation et la respiration de la semaine
La nature ne se presse jamais, et pourtant tout est accompli. — Lao Tseu
La lenteur n’est pas le contraire de la réussite.
Elle en est le rythme naturel.
Quand tenir, quand ralentir
Beaucoup savent tenir. Avancer malgré la fatigue, garder le cap, serrer les dents. C’est une force, parfois nécessaire.
Mais savoir ralentir quand c’est juste, sans culpabilité, sans crainte, c’est une forme de sagesse qu’on enseigne rarement.
C’est de cette tension — entre action et lâcher-prise — que parle mon livre L’art de la volonté : comment agir sans s’épuiser, et transformer la volonté en alliée plutôt qu’en instrument de pression.
Se préparer à l'automne et à clôturer l'année
L’automne est une métamorphose. Les feuilles tombent et nourrissent la terre. Et nous aussi, nous avons besoin de déposer ce qui a servi, pour préparer ce qui vient.
Ralentir, c’est faire place à la gratitude.
Au mois prochain, nous irons plus loin sur ce chemin : le bilan lucide, le merci sincère, et ce retour à soi qui prépare doucement les renaissances de l’année suivante.
Et si, pour une fois, je regardais mon année non pas en termes de résultats, mais de transformations intérieures ?
PS #1 : Nous en parlerons ensemble lors de l’atelier de fin d’année du 12 décembre, pour faire ce pas de côté qui éclaire tout le reste.
Découvrir l’atelier de bilan de fin d’année
PS #2 : Si vous traversez une période où tout semble vous coûter plus d’énergie qu’avant, cet article sur la gestion des situations difficiles vous aidera à quitter plus facilement la face nord de la situation. 🌿
Lire l’article sur les situations difficiles
Bon week-end à toutes et tous 🌿
Christophe · Sur le Bon Chemin
Chaque rêve mérite un plan ✨
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