Saison interne
Pourquoi vous n'êtes pas en retard
(même si vous le croyez)
Vous n'êtes pas en retard, vous êtes dans votre saison — Edition 059
Si vous préférez lire cette édition dans de meilleures conditions, elle est disponible en version complète sur le blog.
Bonjour,
J’espère que vous allez bien.
Ces derniers temps, j'entends souvnent la même musique autour de moi.
Et peut-être que vous l'avez déjà pensé aussi.
Cette impression diffuse.
Celle d'être en décalage.
En retard sur le monde.
Les autres semblent avancer plus vite.
Fleurir plus tôt.
Réussir plus grand.
Et quelque part, sans bruit, le doute s'installe.
Et si ce n'était pas un retard
mais une saison différente que vous êtes en train de vivre.
La philosophie japonaise pour changer de regard
Au Japon, il existe une philosophie appelée Oubaitori (桜梅桃李).
Littéralement cerisier, prunier, pêcher, abricotier.
Ces quatre arbres fleurissent au passage de l'hiver vers le printemps. Mais jamais exactement au même moment.
Le Prunier ose la fin de l'hiver.
Le Cerisier attend la douceur.
Le Pêcher mûrit lentement.
L'Abricotier revient fidèlement chaque année.
Aucun ne se compare.
Chacun accomplit sa nature.
Le principe d'Oubaitori nous rappelle quelque chose de profondément apaisant.
Chaque fleur éclot à son propre moment.
Et aucune ne se demande si elle aurait dû fleurir plus tôt.
Nous grandissons tous à notre rythme.
Nos chemins ne sont pas comparables.
Notre manière d'évoluer, de changer, de mûrir
nous est propre.
Il n'y a pas une seule façon de réussir sa vie.
Il y a autant de trajectoires que d'existences.
Et pourtant, nous vivons dans un monde
qui supporte mal les rythmes différents.
Le monde adore les calendriers
Notre époque parle surtout de calendrier.
Réussir tôt.
Être "à l'heure".
Se marier avant.
Changer de voie avant qu'il ne soit trop tard.
Avoir déjà prouvé.
Comme s'il existait un horaire universel de la réussite.
Alors on regarde autour de nous. On mesure. On compare. Et parfois, quelque chose se contracte.
Mais la pression la plus forte n'est pas toujours sociale.
Elle est intérieure.
La comparaison la plus silencieuse
On ne se compare pas seulement à un collègue.
Ni à un ami.
Ni à ce voisin qui semble avancer plus vite.
On se compare égalùleent et surtout à la personne que l'on imaginait devenir.
À 30 ans, je pensais que...
À 40 ans, je devrais déjà...
Avec tout ce que j'ai lu, appris, travaillé sur moi, je devrais avoir plus de confiance. Plus de clarté. Plus d'assurance.
Et sans le dire à personne, une phrase glisse en silence :
« Je me déçois. »
Cette comparaison-là est souvent plus violente.
Parce qu'elle ne dépend pas du monde.
Elle dépend de notre idéal.
La comparaison avec l'autre pique.
La comparaison avec soi ronge.
Elle ne fait pas de bruit.
Mais elle installe un doute plus profond :
celui de ne pas être à la hauteur de sa propre projection.
Or les projections sont lisses.
Optimisées.
Théoriques.
La vie, elle, est organique.
Elle tâtonne.
Elle bifurque.
Elle mûrit autrement que prévu.
Peut-être que la personne que vous devenez
n'est pas celle que vous aviez planifiée.
Peut-être qu'elle est moins spectaculaire
mais plus vraie.
Plus ancrée.
Plus solide.
Vous n'êtes pas en retard.
Vous êtes en train de dépasser une version idéalisée de vous-même.
Mais même lorsque l'on comprend cela,
la comparaison ne disparaît pas toujours.
Le piège invisible
Je repense à un ami.
Après des années d'efforts, il avait vendu son entreprise.
Pour célébrer, il loua un magnifique bateau.
Il rayonnait.
Jusqu'à ce qu'un invité désigne le yacht voisin, deux fois plus grand:
« Wow... imaginez qui doit être sur celui-là. »
En quelques secondes, la joie s'est contractée.
Il y aura toujours un bateau plus grand.
Toujours quelqu'un qui semble aller plus vite.
Toujours une trajectoire plus impressionnante.
Theodore Roosevelt l'a résumé avec justesse:
« La comparaison est le voleur de joie. »
Et plus nous comparons, plus nous nous en éloignons. Comparer, c'est déplacer son énergie. C'est arroser le jardin du voisin et laisser le sien s'assécher.
Si vous avez parfois l'impression de stagner, d'être en retard, respirez.
La nature ne se presse pas.
Pourtant, tout est accompli.
Elle ne force pas.
Mais elle travaille en silence.
Vous n'êtes pas en retard.
Vous êtes dans votre saison.
Et votre saison a quelque chose à faire éclore.
Faites lui confiance.
Je vous souhaite un bon printemps et surtout un très bon Oubaitori !.
Le défi de la semaine
Chaque fois que la comparaison surgit, remplacez-la par ce micro-rituel :
Arrêtez-vous quelques secondes.
Respirez.
Puis demandez-vous:
« Qu'est-ce que je peux nourrir, ici et maintenant ? »
Un projet. Une relation. Une compétence. Ou simplement votre énergie.
L'herbe n'est pas plus verte ailleurs.
Elle est plus verte là où vous choisissez de l'arroser.
Vous n'êtes pas en retard.
Vous êtes en train de devenir.
📖 La citation de la semaine
« Deviens ce que tu es »
— Friedrich Nietzsche
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Bon week-end à toutes et tous 🌿
Christophe · Sur le Bon Chemin
Chaque rêve mérite un plan ✨